Ce que le modèle argentin nous apprend (Suite)

View from the helicopter for Buenos Aires, Argentina

En décembre 2001, l’Argentine était un pays à la dérive. L’économie était paralysée, les faillites se multipliaient et près de la moitié de la population tombait sous le seuil de pauvreté. Dix ans après, le pays affiche une croissance record, les Argentins consomment à tout va et le chômage est proche de son plus bas historique. La réorientation de la politique économique et la restauration de l’autorité de l’Etat sont pour beaucoup dans ce formidable redressement (dixit Jean-Louis Buchet, journaliste chez RFI).

Quelles sont les leçons à tirer des expériences argentines?

Il y en a plusieurs et elles interpellent autant les pays riches actuellement en crise que les pays en développement notamment ceux d’Afrique subsaharienne.

Première leçon : Le peuple argentin s’est battu ensemble pour reconstruire leur Pays. Il y a eu un véritable élan de solidarité, une prise de conscience collective et surtout un éveil des consciences conduisant à un patriotisme économique sans précédent ainsi qu’à une cohésion sociale très forte. En d’autres termes, les argentins ont refusé de baisser les bras! Main dans la main, le gouvernement et les citoyens ont refondé ensemble l’Argentine d’aujourd’hui…

Deuxième leçon : L’Argentine a dit NON à la politique d’austérité imposée par le FMI pour se tourner vers une politique sociale et distributive. Le gouvernement a donné la priorité à la lutte contre la pauvreté, en destinant des budgets importants aux prestations sociales, et à la remise en ordre de l’économie réelle. La demande a repris et les entreprises, plus compétitives du fait de la dévaluation, ont pu y répondre.

Troisième leçon : Un État fort, entièrement libéré et libre du diktat des Institutions financières internationales, à l’écoute de la demande sociale et privilégiant la lutte contre les inégalités, les intérêts de son peuple allant jusqu’à instaurer un protectionnisme, souvent contesté, mais félicité par l’économiste prix Nobel KRUGMAN.

Quatrième leçon : Une compétitivité économique vite retrouvée en raison notamment de la performance des exportations (l’Argentine est le troisième exportateur mondial de soja), mais aussi grâce à la compétitivité des industries argentines suite à la dévaluation.

Cinquième leçon : L’optimisme ambiant de son peuple. En effet, d’après les sondages, les argentins seraient le peuple le plus optimiste d’Amérique latine. Beaucoup de ceux qui sont partis pendant la crise sont revenus…et de multiples initiatives, petites – moyennes et grandes, ont vu le jour offrant un cadre de vie jugé très agréable aux salariés. Beaucoup de familles sont définitivement sorties de la pauvreté.

Bien évidemment, l’Argentine n’est pas le « paradis sur terre » et doit encore faire face à plusieurs défis tels que les questions de gouvernance, la maîtrise de l’inflation, le problème des OGM et de son impact sur le long terme, la perte de compétitivité des industries… Mais il s’avère qu’en ce temps de crise, sa trajectoire est définitivement intéressante!

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